PALIMPSESTE

Lors de cette performance de 15 minutes, tournée le 25 mai 2021, Ekaterina Igorevna recouvre d’un blanc immaculé son histoire, la période charnière de sa vie : 

2008, année où cette Femme Italienne cueillant des grappes, inspirée de l’œuvre de Karl Brioullov (1799-1852), naissait sous les fils d’Ekaterina tandis que sa vie devenait Enfer. 

2008, l’année de la disparition de son père, toujours pas retrouvé. L’événement qui a bouleversé sa vie et sa perception de la réalité. Ce tableau est un manuscrit de ses émotions tissées au rythme de sa peine. On n’oublie pas le passé. Rien ne s’efface. La mémoire conserve tout, et pourtant, il faut savoir commencer une nouvelle page. Le travail de mémoire nécessitait ce palimpseste.

Plongée dans une salle sombre, Ekaterina est à genoux, à même le sol, face à son passé. La peinture blanche et le pinceau sont, pour l’artiste, les instruments de la libération. Mais ce passage à la liberté est douloureux : affliction, hésitation, appréhension, affirmation, action, libération.

Les couleurs du passé disparaissent et la lumière de l’avenir surgit, peu à peu, à la caresse, parfois douce, parfois vive du pinceau, pour l’éternité.

Un œil, témoin du passé, regarde désormais le spectateur, à travers un trou : le trou dans le cœur d’Ekaterina, qui laisse le joug des douleurs de l’âme dans les larmes laissées sur le tableau immaculé. C’est une nouvelle oeuvre. Palimpseste.

Réalisation : Alina Guseva